Les nouveaux médicaments contre l’hépatite C permettent aujourd’hui, et depuis 3 ans, de guérir l’infection. Une nouvelle étude présentée à la conférence scientifique sur le VIH à Paris (23-26 juillet 2017) montre que ces molécules fonctionnent aussi bien dans les pays à faible revenu. Si elle n’est pas surprenante, cette validation est nécessaire pour lancer un plaidoyer pour l’accès à la totalité des patients contaminés. Grâce à un coût réduit et à des outils diagnostics à développer.

Les Antiviraux à action directe (ADD) permettent à présent d’obtenir une guérison chez plus de 90% des patients séropositifs au VHC, quelle que soit la sévérité de l’atteinte hépatique. Ces médicaments sont toutefois quasi inaccessibles dans les pays du Sud. En raison de leur coût élevé mais aussi du manque de volonté politique. « En l’état actuel, et sans plans nationaux dédiés dans la plupart des pays africains, l’éradication de l’hépatite C est utopiste », souligne le Dr Karine Lacombe, principal auteur de ce travail.

C’est justement pour être en mesure d’argumenter en faveur de la lutte contre les hépatites sur ce continent que l’étude TAC a été lancée en octobre 2015 dans trois pays d’Afrique de l’Ouest : Cameroun, Côte d’Ivoire et Sénégal. Objectif affiché : évaluer l’efficacité et la tolérance de ces nouveaux traitements dans le contexte de ces pays. Au total, 120 patients atteints d’hépatite C chronique et n’ayant jamais été traités pour cette infection ont été inclus sur une durée de 12 semaines de traitement.

Un plaidoyer pour l’accès pour tous

« Les résultats préliminaires présentés à la conférence portent sur 110 patients », précise le Dr Lacombe. Parmi eux, « 32 étaient co-infectés par le VIH et 11 avaient une hépatite C au stade de cirrhose compensée ». Après 24 semaines de suivi, l’analyse intermédiaire retrouve 89% de réponse virologique soutenue chez l’ensemble des patients.

Par conséquent, « le traitement de l’hépatite C chronique par les AAD est tout à fait possible dans le contexte africain, avec une bonne observance, une bonne tolérance et un suivi biologique ne posant pas de difficulté particulière », souligne Karine Lacombe. Des données qui constituent donc bien un « plaidoyer fort pour que l’accès à ces [molécules] soit très largement ouvert aux patients infectés par le VHC en Afrique et, plus largement, dans l’ensemble des pays du Sud et ce sans délai », conclut le Pr François Dabis, directeur de l’Agence nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS).

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