VIH : 8 idées reçues qui nuisent à la prévention et au dépistage chez les jeunes

25 mars 2026

Sidaction dévoile un sondage OpinionWay sur les idées reçues des jeunes de 15 à 24 ans sur le VIH et le sida. Des idées reçues qui participent également à la montée de la sérophobie, la discrimination envers les personnes séropositives. Les chiffres, alarmants, témoignent d’une information toujours largement insuffisante alors que le virus, lui, est toujours là.

À l’occasion du Sidaction, les 27, 28 et 29 mars, l’association du même nom publie les résultats d’une enquête réalisée par OpinionWay auprès de 1 516 jeunes âgés de 15 à 24 ans. Alors que 60 % d’entre eux indiquent avoir eu au moins un partenaire au cours des 12 derniers mois, 62 % des jeunes reconnaissent ne pas avoir utilisé systématiquement de préservatif.

Parmi celles et ceux ayant un ou des partenaires sexuels en dehors du couple, 27 % n’utilisent pas de préservatif, augmentant ainsi l’exposition aux risques d’infection. Pourtant, seuls 38 % des jeunes sexuellement actifs déclarent avoir réalisé un dépistage du virus de l’immunodéficience humaine au cours de l’année écoulée. « La confiance, évoquée par une très large majorité des jeunes (68 %), reste la première raison pour ne pas réaliser de dépistage avec un nouveau partenaire. La perception du risque est encore largement mal évaluée, renforçant un sentiment de fausse sécurité », alerte Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Ces prises de risques inconsidérées, de même que la sérophobie chez les jeunes, sont notamment alimentées par des idées reçues encore trop nombreuses.

Quelles sont-elles ?

  • 39 % des jeunes interrogés pensent qu’un vaccin existe pour empêcher la transmission du VIH. Mais à ce jour, il n’existe aucun vaccin contre le virus du sida.

 

  • 39 % des 15 – 24 ans pensent qu’il existe des médicaments pour guérir du virus. Or aucun traitement ne permet d’éliminer complètement le virus du sida de l’organisme. Les traitements antirétroviraux permettent aux personnes séropositives de bloquer la multiplication du VIH et de conserver un système immunitaire fonctionnel.

 

  • 77 % des jeunes pensent que le virus peut être transmis lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement. Faux. On ne peut pas transmettre le VIH si on suit une thérapie antirétrovirale efficace. Dès lors que la charge virale est indétectable, le virus est intransmissible.

 

  • 39 % des jeunes pensent que le virus du sida peut se transmettre par un baiser. Faux. Le virus du sida ne se transmet pas par la salive, ni par la sueur, les larmes ou l’urine, d’ailleurs. Le VIH peut se transmettre par l’échange de liquides biologiques, tels que le sang, le lait maternel, le sperme et les sécrétions vaginales, avec des personnes infectées.

 

  • Les toilettes publiques ne constituent pas non plus une source de transmission. Pourtant 33 % estiment qu’on peut être contaminé en s’asseyant sur des toilettes publiques. Sur le même principe, on ne peut pas être contaminé en mangeant dans la même assiette qu’une personne séropositive, contrairement à ce que croient 27 % des jeunes interrogés, ni en lui serrant la main, ce que pensent pourtant 20 % d’entre eux.

 

  • 21 % des jeunes interrogés croient que le sida est une maladie qui ne touche que les homosexuels et les toxicomanes. Pourtant, selon les chiffres de Santé publique France, les modes de contamination les plus fréquents chez les personnes diagnostiquées en 2024 étaient les rapports hétérosexuels (53 %) suivis des rapports sexuels entre hommes (42 %).

 

  • 20 % pensent que si “on regarde vraiment une personne”, on peut savoir si elle a le sida.

 

  • Pour 19 % d’entre eux, le VIH est ne circule vraiment qu’en Afrique.

Ces fausses croyances alimentent la défiance à l’égard du VIH. Ainsi, si les jeunes apprenaient leur propre séropositivité, 56 % d’entre eux déclarent qu’ils ressentiraient de la honte, un sentiment en hausse de 5 points par rapport à la précédente enquête.

La méfiance à l’égard des personnes vivant avec le VIH progresse elle aussi. Ainsi 39 % des jeunes interrogés estiment qu’une personne séropositive sous traitement peut représenter un danger pour les autres, un chiffre en hausse de 11 points en deux ans. « La séropositivité demeure chargée d’un poids social et symbolique qui alimente la honte et l’auto‑stigmatisation. Tant que les préjugés persistent, la prévention ne pourra pas être pleinement efficace. Lutter contre le VIH, c’est aussi lutter contre la sérophobie », assène Florence Thune.

  • Source : Sidaction, santé publique France, Institut Pasteur, vih.org, Sida info service, Sondage OpinionWay pour Sidaction 2026

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Vincent Roche

Destination Santé
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