« Connais ton statut ». Le slogan de la journée mondiale de lutte contre le Sida 2018 souligne l’importance de ne pas ignorer son statut sérologique. Pourtant, le dernier rapport de l’ONUSIDA révèle que, malgré les progrès réalisés, encore trop de séropositifs au VIH s’ignorent dans le monde.

A l’occasion de la journée dédiée à la lutte contre le VHI, le rapport de l’ONUSIDA intitulé « Knowledge is power »* révèle des progrès sur ce front. Ainsi, en 2017, la proportion de personnes séropositives ayant connaissance de leur statut s’élevait à 75%, contre 67% en 2015. Ce qui laisse 9,4 millions de malades dans l’ignorance.

Pourquoi autant de séropositifs s’ignorent encore ? « Les principaux obstacles à la pratique du test de dépistage du VIH reste la stigmatisation et la discrimination », souligne l’ONUSIDA. « La peur que l’information d’une éventuelle séropositivité soit divulguée à leur famille, à leurs amis, à leurs partenaires sexuels, empêche les personnes d’accéder aux dépistage. »

Autres obstacles : « la violence et la menace de représailles notamment parmi les jeunes femmes et les filles ». En effet, « dans de nombreux pays encore, l’accès aux tests de dépistage n’est permis aux mineurs qu’avec le consentement des parents », détaille l’ONUSIDA.

Charge virale indétectable indispensable

Autre donnée, les personnes séropositives ayant accès à un traitement antirétroviral étaient 21,7 millions en 2017, contre 17,2 millions 2 ans auparavant. Un progrès également. Toutefois, 19,4 millions de personnes séropositives n’ont pas encore réussi à obtenir une charge virale indétectable. Or, « pour rester en bonne santé et prévenir la transmission, le virus doit être présent de façon très faible et non détectable », insiste l’ONUSIDA.

Pour ce faire, il est recommandé de réaliser un test de charge virale tous les ans. Mais dans de nombreux pays, l’accès aux machines permettant ces tests n’est pas facile. « Parfois, il y a un dispositif pour tout le pays… », se désolent les rédacteurs du rapport.

Des nouveau-nés non protégés

Parmi les plus fragiles, les nouveau-nés à risque ont besoin de voir leur charge virale testée rapidement. En effet, « les tests de diagnostic rapides sont inefficaces avant 18 mois », explique l’ONUSIDA. « La seule façon de les protéger est de leur faire passer un test de charge virale entre 4 et 6 semaines de vie ». Or en 2017, seulement 52% des enfants exposés au virus dans les pays les plus affectés ont pu recevoir ce test au cours de leurs deux premiers mois.

A noter : en 2017, plus de 36 millions de personnes vivaient avec le VIH. Parmi elles, 940 000 sont décédées des suites d’une maladie liée au virus.

*La connaissance est le pouvoir

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