Baby blues et dépression du post-partum : arrêtons de les confondre !

04 octobre 2023

Encore trop souvent les signes d’une dépression du post-partum sont pris pour un simple baby blues. Pourtant, si le second est bénin et fréquent, le premier est dangereux pour la mère et peut nuire au bon développement de l’enfant.

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Selon Santé publique France, 16,7 % des femmes qui ont accouché en France en 2021 ont souffert d’une dépression du post-partum (DPP) dans les deux mois qui ont suivi leur accouchement. Au cours de la première année de l’enfant, entre 15 et 30 % des mères seraient concernées. La dépression du post-partum entraîne un risque suicidaire élevé, le suicide étant la deuxième cause de mortalité du post-partum. C’est pourquoi il est nécessaire de rechercher une DPP et de ne surtout pas la confondre les signes avec le baby blues.

Les symptômes de la dépression du post-partum

Depuis le 1er juillet 2022, l’entretien post-natal précoce (EPNP) est devenu une étape obligatoire du post-partum pour dépister une éventuelle DPP. Il s’agit d’un rendez-vous effectué entre la 4e et la 8e semaine qui suit l’accouchement, par un médecin ou une sage-femme. Si le professionnel le juge nécessaire, un deuxième rendez-vous est proposé à la maman, entre la 10e et la 14e semaine.

Dans la DPP, « les symptômes sont divers », pointe la sage-femme Anna Roy dans un livre co-écrit avec le pédiatre Arnault Pfersdorff, « Votre grossesse, du désir d’enfant jusqu’au post-partum ».

  • Fatigue intense
  • Troubles du sommeil
  • Troubles de l’appétit
  • Pleurs incontrôlables
  • Difficulté à gérer le stress
  • Irritabilité
  • Dévalorisation de soi
  • Incapacité à apprécier son rôle de parent

« La dépression du post-partum est une maladie qui se soigne bien et qui recouvre différentes réalités selon le degré de sévérité », écrit Anna Roy. Certaines femmes auront besoin d’une thérapie, d’un arrêt de travail, d’un traitement médicamenteux, d’autre d’une hospitalisation.

Le baby blues, un état transitoire

Bénin et fréquent, le baby blues concerne lui entre 50 et 80 % des femmes qui viennent d’avoir un bébé et survient généralement entre le 2e et le 5e jour après l’accouchement. « On pourrait le résumer en disant qu’il s’agit des montagnes russes de l’humeur. Dans une même heure, vous pourrez vous sentir très heureuse, puis très triste, puis très puissante, puis incapable de faire face à la situation, etc », note la sage-femme. Concrètement, il est causé par les changements physiques, hormonaux et psychiques que subis brutalement la mère après l’accouchement.

Les symptômes, listés sur le site Ameli.fr, sont les suivants : une irritabilité, des sautes d’humeur, des troubles du sommeil, de la fatigue et parfois de l’anxiété, due à la crainte de ne pas réussir à bien s’occuper de son bébé. Etat transitoire du post-partum, le baby-blues ne doit pas durer plus de 15 jours. Il s’agit-là d’un repère qu’il est important de garder en tête ; au-delà, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé.

A noter : un test de dépistage de la DPP est disponible en ligne. Si votre score est supérieur à 10, vous pouvez souffrir d’une dépression du post-partum. Dans ce cas, n’attendez pas pour consulter un professionnel

  • Source : Ameli.fr - Anna Roy, Arnault Pfersdorff, Votre grossesse, du désir d’enfant jusqu’au post-partum, Hatier, 2023

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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