Cancer du sein : double mastectomie, mortalité réduite chez les porteuses de BRCA1

[28 mars 2018 - 12h18] [mis à jour le 28 mars 2018 à 14h33]

Être porteuse d’une mutation génétique BRCA1 ou BRCA2 augmente considérablement le risque de souffrir un jour d’un cancer du sein. Il est possible d’avoir recours à l’ablation des deux seins de manière préventive. Une étude néerlandaise montre la supériorité de cette méthode comparée à une surveillance rapprochée pour les porteuses de BRCA1 en matière de survie. Dans le cas d’un BRCA2, le bénéfice n’est pas démontré.

L’équipe du Dr Annette Heemskerk-Gerritsen de l’Erasmus University Medical Center à Rotterdam (Pays-Bas) a suivi au total 2 835 femmes. Toutes issues de la cohorte nationale Hereditary Breast and Ovarian Netherlands (HEBON), elles étaient porteuses soit d’une mutation BRCA1 pour 1 696 d’entre elles, soit BRCA2 pour 1 139 autres.

Les chercheurs les ont suivies dès le diagnostic de leur mutation, de janvier 1995 pour la plus ancienne au mois de juin 2017. Durant cette période, 38% des BRCA1 et 32% des BRCA2 ont choisi de subir une double mastectomie.

Une opération pas forcément bénéfique pour toutes

Après un suivi d’une durée moyenne de 10 ans, 7 cas de cancers et 11 décès, dont un seul dû au cancer du sein, ont été observés parmi les porteuses de BRCA1 ayant choisi la double mastectomie. Tandis que dans le groupe contrôle bénéficiant d’une surveillance rapprochée, 269 cas de cancers et 50 décès dont 19 dus à un cancer du sein ont été rapportés.

Au final, à 65 ans, « le taux de survie globale chez les porteuses de BRCA1 était de 90% dans le groupe mastectomie, contre 83% dans le groupe surveillance », notent les auteurs. « En clair, faire le choix de la double mastectomie réduit le risque de mourir prématurément, et en particulier d’un cancer du sein », analysent les chercheurs.

Différentes mutations, différents cancers

A l’inverse, les résultats sont moins concluants pour les porteuses de BRCA2. La différence entre le taux de survie en lien avec le cancer du sein est presque inexistante, avec 100% pour le groupe mastectomie et 98% pour le groupe surveillance.

Rappelons que la double mastectomie induit des risques d’effets indésirables non négligeables. Le dilemme consistant à choisir entre l’intervention et l’épée de Damoclès des traitements nécessaires en cas de cancer est lourd. « Cette étude fournit des éléments complémentaires pour les aider à trancher », conclut le Pr Isabel Rubio, de la Clinica Universidad Navarra en Espagne.

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