Contraception : les pilules de 3e et 4e générations reculent encore

[30 mai 2013 - 17h03] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Tous les contraceptifs estro-progestatifs sont associés à une augmentation du risque d’accident thromboembolique artériel ou veineux. ©Phovoir

La pilule estro-progestative est toujours sur la sellette. Pour le quatrième mois consécutif – depuis la plainte déposée mi-décembre par Marion Larat contre le fabricant d’une pilule de 3e génération, l’ANSM fait le point sur l’évolution de l’utilisation de ces contraceptifs en France. Globalement, les pilules les plus récentes perdent du terrain au profit de celles de 2e génération. Les ventes des autres dispositifs – non combinés – augmentent.

L’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) a comparé les ventes de contraceptifs oraux combinés entre 2012 et 2013. « La forte diminution des ventes de pilules de 3e et 4e générations continue à s’accentuer en avril 2013, avec une baisse de 44% par rapport à avril 2012 », indique l’Agence. « Cette baisse est de 26% entre décembre 2012 et fin avril 2013 par rapport à la même période l’année précédente. »

Les pilules de 1re et 2e générations, de leur côté, ont vu leurs ventes augmenter de 28% en avril 2013 par rapport à avril 2012. Cette augmentation est de 18% sur la période décembre 2012-avril 2013 comparée à la même période de l’année précédente.

Davantage de stérilets

Ainsi, la proportion des ventes de pilules de 1re et 2e générations semble avoir largement dépassé celles de 3e et 4e générations. Les premières représentent à présent 71% contre 29% pour plus récentes. Ce ratio était de 52% contre 48% l’année précédente. « Ces données confirment la diminution importante de l’utilisation des 3e et 4e générations, au niveau national et dans toutes les régions. Ces résultats vont dans le sens d’une minimisation des risques liés à ces contraceptifs », se félicite l’ANSM. Rappelons que les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) incitent les prescripteurs à préférer une 2e génération en première intention.

De leur côté, les ventes des contraceptifs estro-progestatifs non oraux (anneau vaginal, patch) affichent une baisse de l’ordre de 10% au niveau national. Seules les ventes des autres dispositifs contraceptifs (implants, stérilets) augmentent de 23%.

Anneau vaginal, un risque équivalent à la pilule de 2e génération

L’Agence française annonce en outre l’introduction, dans le Résumé des caractéristiques du produit (RCP) de l’anneau vaginal Nuvaring®, de la mention d’un risque d’accidents thrombo-emboliques veineux équivalent à celui des pilules de 2e génération. « Cette modification fait suite à la publication de deux études de pharmaco-épidémiologie », précise l’ANSM.

Jusqu’à présent, son RCP mentionnait que « le risque de thrombose veineuse lié à ce produit n’était pas connu ». A présent, les autorités de santé européennes souhaitent introduire cette nouvelle mise en garde. « En raison de ce risque démontré, les mêmes contre-indications, précautions d’emploi et risques que ceux observés avec l’utilisation d’un contraceptif oral estro-progestatif doivent s’appliquer à Nuvaring® », indique l’ANSM. Cet anneau a été autorisé en France en 2007. Entre 80 000 et 90 000 femmes l’utilisent chaque mois.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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