Douleur : l’étau se resserre autour du diclofénac

[21 août 2013 - 18h16] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h57]

©Phovoir

L’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) restreint l’utilisation du diclofénac, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) couramment utilisé. Plus connu sous son appellation « princeps » – Voltarène® – ce médicament (dans sa formulation systémique) est à l’origine d’une augmentation du risque de thrombose artérielle.

Le diclofénac est indiqué pour soulager la douleur et l’inflammation. Une analyse de sa tolérance cardiovasculaire a été conduite ces derniers mois au sein de l’Agence européenne du Médicament (EMA). Elle   a abouti à de nouvelles contre-indications et mises en garde. Lesquelles faut-il le préciser, ont déjà été soulignées par la Société française de Rhumatologie (SFR) en avril 2013.

Cette évaluation a donc « confirmé le risque d’effets indésirables cardiovasculaires (de type infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral) pour l’ensemble des AINS non sélectifs », explique l’ANSM. « En outre, ces études ont mis en évidence un risque cardiovasculaire plus élevé avec le diclofénac qu’avec les autres AINS classiques ». Et cela « à un niveau comparable à celui des inhibiteurs de la COX-2 ». Les coxibs.

Des contre-indications cardiovasculaires

Le rapport bénéfice/risque du diclofénac reste toutefois favorable « au prix de l’intégration de nouvelles contre-indications dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) ». Ce médicament est donc désormais contre-indiqué chez les patients atteints :

  •  d’insuffisance cardiaque congestive avérée ;
  • de cardiopathie ischémique ;
  • d’artériopathie périphérique et/ou de maladie vasculaire cérébrale.

Et les formulations locales?

A noter que les formes topiques (à application cutanée comme les gels) ne sont pas concernées par ces restrictions. Les médicaments visés sont les suivants : Voltarène, Voltarendolo, Artotec, Flector, Diclofénac Mylan, Diclofénac Teva,Diclofénac EG, Diclofénac Arrow, Diclofénac Cristers.

Pour les patients sous diclofénac et atteints de pathologie cardiovasculaire, l’ANSM précise que leur prise en charge « devra être réévaluée par leur médecin ». Quant à l’instauration d’un traitement, elle ne devra être effectuée qu’ « après une évaluation du rapport bénéfice/risque chez les patients présentant des facteurs de risque cardiovasculaires (hypertension artérielle, hyperlipidémie, diabète sucré et tabagisme) ». Dans tous les cas, si vous êtes concerné par ce traitement, n’hésitez pas à interroger votre médecin.

Ecrit par : David Picot – Edité par Vincent Roche

En savoir plus

Rappel des règles de bon usage des AINS

Source : ANSM, 21 août 2013
- 21 août 2013

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