Ebola, une épidémie incontrôlable?

[23 juin 2014 - 17h13] [mis à jour le 23 juin 2014 à 17h45]

Le nombre de cas de fièvre hémorragique Ebola ne cesse de croître en Guinée et dans les pays limitrophes. Cette recrudescence est due à la grande mobilité de la population. Les habitants de cette région se déplaçant en particulier pour assister aux funérailles de leurs proches et amis. Or c’est à ces occasions que le risque de transmission de la fièvre hémorragique est le plus important. L’organisation non gouvernementale Médecins sans frontières (MSF) lance un cri d’alarme face à une situation difficile à contenir.

« L’épidémie est hors de contrôle », s’inquiète le Dr Bart Janssens, directeur des opérations de MSF. « Avec l’apparition de nouveaux foyers en Guinée, en Sierra Léone et au Libéria, le risque d’une propagation à d’autres zones est aujourd’hui réel. » L’organisation constatait déjà il y a 20 jours, la difficulté à circonscrire les nouveaux cas sur un territoire nettement délimité. « La multiplication des zones touchées rend difficile la prise en charge des patients et le contrôle de l’épidémie. » Les enterrements représentent une des situations les plus à risque de transmission de la maladie. Comme les mesures de contrôle de l’infection ne sont pas appliquées, de nouveaux cas se font jour… à des dizaines de kilomètres puisque les proches viennent de loin pour honorer leurs morts.

« Nous avons atteint nos limites », poursuit le Dr Janssens. « Malgré [nos] moyens humains et matériels déployés dans les trois pays touchés (Guinée, Libéria et Sierra Leone n.d.l.r.), nous n’avons plus la capacité d’envoyer des équipes sur les nouveaux foyers actifs. » En effet, pour effectuer le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades, « nous devons en principe leur rendre visite tous les 2 jours au moins », nous indiquait Marie-Christine Ferir, coordinatrice du programme d’urgence de Médecins sans frontières (MSF), le 3 juin dernier. Or « parfois, il faut faire une heure de voiture puis deux heures à pied pour rejoindre les villages où vivent les personnes contacts ».

Des populations encore méfiantes

De plus, la population ne collabore pas toujours avec les professionnels de santé. « Les communautés continuent d’être effrayées par une maladie totalement inconnue dans la région, et elles restent méfiantes à l’égard des structures de santé », précise MSF dans un communiqué. De ce fait, « Ebola n’est plus un problème de santé publique exclusivement guinéen, il touche l’ensemble de la région ouest-africaine. »

« L’OMS, les autorités des pays touchés et des pays limitrophes doivent déployer des efforts à la hauteur de l’ampleur de cette épidémie », demande instamment le Dr Janssens. « Il faut notamment mettre à disposition du personnel médical qualifié, organiser des formations à la prise en charge d’Ebola et intensifier le suivi des contacts et la sensibilisation auprès des populations. » Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 567 cas dont 350 décès ont été recensés depuis le début de l’épidémie, en mars 2014.

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