Ebola, un record de soignants affectés

[26 août 2014 - 12h16] [mis à jour le 04 septembre 2014 à 11h07]

Au 26 août, les chiffres de l’épidémie d’Ebola – qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest – faisaient état de 1 427 morts. Sur place, les professionnels de santé ne sont pas épargnés. Médecins et infirmières, locaux comme étrangers, sont eux aussi de plus en plus nombreux à contracter le virus. Sans précédent, les chiffres inquiètent les autorités.

Fatigue croissante, manque de moyens, les difficultés des soignants à juguler le virus sont telles que les infections et les décès du personnel soignant, explosent. Ainsi, 240 cas et 120 décès ont été enregistrés en Sierra Leone, en Guinée, au Liberia et au Nigeria depuis décembre 2013.  Parmi eux, 118 sont des soignants du service de santé public des quatre états affectés. « Il s’agit-là du seuil de contamination le plus élevé, côté praticiens, depuis la réapparition du virus Ebola », a confirmé l’Organisation mondiale de la Santé ce mardi 26 août.

Face à l’épidémie, ces pertes humaines privent la population d’une aide précieuse. « Le fait que des soignants soient atteints augmente l’anxiété », continue l’agence onusienne. « Comment croire au contrôle du virus, si même ceux dont  la mission est précisément de venir en aide aux malades n’y survivent pas ? »

Un manque de ressources ?

Depuis six mois, les équipes médicales se démènent en effet au chevet des malades. Et la proximité est telle que malgré les précautions adoptées, les praticiens eux aussi sont directement confrontés au risque de développer la maladie.

Entre autre facteurs, le travail dans le stress et la précipitation, « lequel pousse des soignants à ne pas changer régulièrement d’équipement », indique l’OMS. D’autant que faute de moyens, les gants et les masques de protection viennent à manquer. Enfin, par devoir et compassion, certains soignants travaillent plusieurs heures consécutives sans pause, « ce qui peut abaisser le niveau de vigilance quant aux mesures d’hygiène et augmente le risque d’erreurs ».

Quelle efficacité pour les traitements expérimentaux ?

Ce lundi 25 août, un médecin libérien est décédé alors qu’il avait bénéficié du ZMapp. Quelques jours plus tôt, deux américains avaient pourtant été déclarés « officiellement guéris » après qu’on leur ait administré ce traitement expérimental. « Au regard des taux de survie très variables, rien ne confirme donc aujourd’hui l’efficacité de ce sérum », rappelle l’OMS. Les stocks disponibles seraient épuisés, a par ailleurs fait savoir le laboratoire distributeur du ZMapp, seul traitement dont ont pu bénéficier à ce jour certains des patients atteints par Ebola.

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