Exposition à l’amiante : 65% des artisans à la retraite concernés

[21 février 2013 - 16h51] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h55]

Les hommes ont davantage été exposés à l’amiante que les femmes. ©Phovoir

Analyser l’impact sanitaire de l’exposition à l’amiante chez les artisans retraités. Voilà l’objectif du programme Epidémiologie et surveillance des professions indépendantes, mené par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) et le Régime social des indépendants (RSI) entre 2005 et 2009. Les résultats de ce premier volet montrent que 65% des artisans ont été exposés au moins une fois dans leur carrière.

 Essentiellement concentrées dans le Nord et le Sud-ouest de la France, 7 régions ont été couvertes par le premier volet du programme : Aquitaine, Basse-Normandie et Haute-Normandie, Limousin, Nord-Pas-de-Calais, Picardie et Poitou-Charentes. Au total, un peu plus de 15 000 artisans ont été invités à participer au programme, dont 85% étaient d’hommes. Or seulement 61%, soit 9 125 ont répondu à cette invitation.

Au cours des 5 années du programme, « 5 993 – sur 9 125 artisans retraités entre 2004 et 2008 – ont été considérés par les experts comme ayant été potentiellement exposés au moins une fois durant leur carrière. Soit 65% des participants », indiquent les auteurs. Avec une durée moyenne d’exposition de 25 ans et 6 mois.

Informer davantage les médecins traitants

Le pourcentage de personnes exposées s’est révélé bien supérieur chez les artisans retraités par rapport aux salariés retraités, tous secteurs d’activités confondus. Et les prévalences les plus élevées ont été observées dans le secteur de la construction, du commerce et de la réparation automobile. Par ailleurs, parmi les 1 810 participants ayant réalisé un bilan médical complet, 295 présentaient une pathologie « connue comme pouvant avoir un lien avec l’amiante. »

Si « le programme a contribué à réduire les inégalités en favorisant le suivi médical et l’accès au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) », les auteurs soulignent « l’importance de renforcer l’information des médecins traitants, interlocuteurs des artisans pour le repérage de leurs expositions et pathologies. » Et ce, d’autant plus que les pathologies peuvent survenir 30 à 40 ans après l’exposition.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

 

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