FIV : prélever les ovules en été augmente les chances de 30%

20 juillet 2023

Les protocoles de FIV initiés pendant l’été seraient plus efficaces, en termes de nombre d’ovocytes ponctionnés, comparés à ceux débutant à l’automne. Précisions.

Ekaterina_Klishevnik/shutterstock.com

Et si l’efficacité des protocoles de FIV, notamment la ponction d’ovocytes proposée aux femmes pour féconder un spermatozoïde et obtenir un embryon in vitro, était plus efficace aux beaux jours ? S’il n’est pas spontané de penser saison quand nous entamons un parcours de procréation médicalement assistée (PMA), la question a tout de même été posée par des chercheurs australiens associés à l’European society of human reproduction and embryology.

En l’occurrence, l’équipe du Dr Sebastian Leathersich, gynécologue obstétricien spécialiste de la reproduction et de l’infertilité* a comparé les dossiers médicaux de couples en parcours PMA, tous suivis pour infertilité à la Clinique de Perth (Australie) entre janvier 2013 et décembre 2021. Au total, 3 659 transferts d’embryons congelés ont pu être effectués à partir de 1 835 couples et 2 155 cycles de FIV.

Dans le détail, « transférer des embryons après décongélation, issus d’ovocytes prélevés pendant la saison estivale, dans l’utérus de la femme augmente les chances de naissances vivantes de 30% », détaillent les chercheurs. Et ce, comparé à des ovocytes ponctionnés durant l’automne.

Au-delà de la saison, les scientifiques ont pu prouver que les chances de réussite étaient de 28% lorsque le prélèvement des ovocytes était effectué un jour d’ensoleillement. Une observation faite grâce aux données récoltées par le Bureau australien de météorologie. A partir d’ovocytes ponctionnés puis congelés pendant les jours de faible ensoleillement, les chances de naissances vivantes sont de 25,8%, contre 30,4% lorsque ce même processus survient les jours où le soleil brille.

Des transferts quand la température redescend ?

En revanche, le transfert d’embryons après décongélation donc, semble moins efficace s’il survient quand la température est élevée. « Quand il fait chaud, les chances de naissances vivantes diminuent de 18% comparé aux transferts effectués à des températures modérées », déclare le Dr Leathersich. Le risque de fausse couche lui passe de 5,5% à 7,6% entre les températures douces et celles plus élevées.

Bien entendu, ces observations de saison ne sont en rien miraculeux. Et ne doivent pas faire oublier aux couples que « d’autres facteurs environnementaux peuvent agir en faveur de la réussite d’une FIV : l’arrêt du tabac, de l’alcool, le maintien d’une activité physique et un maintien d’un IMC normal ».

A noter : « il serait également intéressant de mener cette étude chez les hommes afin d’évaluer l’impact de la saison et de l’ensoleillement sur les critères spermatiques », conclut le Dr Leathersich.

 

*Fertility Specialists of Western Australia, City Fertility Centre, and the King Edward Memorial Hospital in Perth, Australia

  • Source : Human Reproduction, le 5 juillet 2023

  • Ecrit par : Laura Bourgault - Édité par : Emmanuel Ducreuzet

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