Les IST bactériennes toujours en augmentation en France

29 novembre 2016

Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), les infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes ne cessent de progresser en France. Et ceci depuis les années 2000 ! Le point sur la situation épidémiologique en 2015.

Le nombre total de syphilis précoces diagnostiquées en France en 2015 est en cours d’estimation. Mais les cas notifiés montrent une augmentation de 59% par rapport à 2013. Cette progression est très marquée dans les régions métropolitaines hors Ile-de-France. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) représentent la population la plus concernée, soit 84% des cas rapportés en 2015.

L’incidence des infections à gonocoques diagnostiquées en 2015 a été estimée à plus de 19 000 cas. Dans les structures spécialisées, sont essentiellement touchés les HSH (68% des cas enregistrés en 2015). Les femmes et les hommes hétérosexuels représentant respectivement 16% et 15%, et les femmes homo-bisexuelles 1%. Par ailleurs, les données récentes concernant la surveillance de la sensibilité du gonocoque aux antibiotiques sont plutôt rassurantes. Aucune souche résistante au ceftriaxone (traitement de référence) n’a été isolée depuis 2011.

Pour des dépistages réguliers

Concernant l’infection à chlamydia, qui est l’IST bactérienne la plus fréquente, le nombre de cas diagnostiqués en 2015 a été estimé à environ 81 000. « On observe une augmentation de 10% du nombre de cas notifiés en 2015 par rapport à 2013 », indique Santé publique France. Les deux tiers (64%) des cas rapportés en 2015 sont des femmes, en majorité âgées de 15 à 24 ans.

Enfin, le nombre de lymphogranulomatoses vénériennes rectales (LGV) a connu une hausse de 47% entre 2013 et 2015. L’épidémie touche exclusivement des HSH (98% des cas).

« Le niveau élevé de co-infections par le VIH chez les HSH présentant une LGV, une syphilis ou une gonococcie (respectivement 76%, 25% et 17% en 2015) reflète une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs », indique Santé publique France. « D’où l’importance de dépistages réguliers (pour le patient et ses partenaires) et d’un traitement adapté ».

  • Source : BEH, 41-42, 29 novembre 2016

  • Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Dominique Salomon

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