Lactalis : 8 000 tonnes de poudres de lait contaminées vendues?

[24 octobre 2018 - 16h38] [mis à jour le 24 octobre 2018 à 16h59]

Lactalis dément les informations parues ce matin dans le Canard Enchaîné. Selon le journal satirique, 8 000 tonnes de lait en poudre auraient été utilisées pour fabriquer des desserts industriels. Et ce malgré un risque de contamination aux salmonelles et un retrait/rappel de tous les laits infantiles fabriqués dans la même période.

Le Canard Enchaîné en date du 24 octobre accuse le groupe Lactalis d’avoir écoulé 8 000 tonnes de lait en poudre pour la fabrication de préparations industrielles telles que des flans ou des glaces, entre février et décembre 2017. En décembre 2017 pourtant, la contamination par des salmonelles de 20 enfants âgés de moins de 6 mois avait conduit le groupe au retrait/rappel de la totalité des produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés depuis avril 2017dans son usine de Craon en Mayenne.

« Fabriquée dans les mêmes tours de séchage, cette poudre de lait ne peut pourtant pas être vierge de tout soupçon de contamination », s’indigne Quentin Guillemain, président de l’association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS).

Le journal satirique se base sur les informations fournies par la Préfecture de Mayenne à l’AFVLCS. Laquelle dénonce par ailleurs que « des contaminations de l’usine entre 2005 et 2017 [ont été observées], mettant à mal l’explication donnée concernant la dissémination de la bactérie ». Celle-ci se fonde sur « des travaux dans l’usine en février 2017 [qui] auraient permis la libération des salmonelles ».

Démenti de l’industriel laitier

Le groupe Lactalis dément dans un communiqué publié le jour même. « Les 8 000 tonnes visées par le Canard Enchaîné ont été fabriquées sur la tour 2, non objet de la contamination et conditionnés sur un circuit d’ensachage indépendant », martèle le géant du lait. « Les insinuations de possible contamination de ces poudres adultes sont infondées et basées sur des hypothèses injustifiées », assure l’industriel.

« Une enquête indépendante doit faire la lumière sur ces nouveaux éléments : y-avait-il une contamination de cette poudre de lait? Cette contamination a-t-elle été dissimulée et par qui? Autant de questions auxquelles des réponses doivent impérativement être données », réclame Jade Dousselin, avocate de l’AFVLCS.

A noter : depuis le 18 septembre 2018, la vente des poudres de lait infantile produites à l’usine Lactalis de Craon est à nouveau autorisée.

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