Le baclofène, efficace ou non dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance ? La question paraît légitime. Alors qu’en avril dernier, le comité scientifique spécialisé temporaire de l’ANSM jugeait l’efficacité du médicament « cliniquement insuffisante », la même Agence lui octroie aujourd’hui une autorisation de mise sur le marché (AMM)… certes soumise à conditions.

« Compte-tenu du problème de santé publique majeur que représente l’alcoolisme, l’Agence nationale de Sécurité des médicaments (ANSM) a décidé d’octroyer l’AMM à la spécialité Baclocur® (baclofène) 10 mg, 20 mg et 40 mg dans l’alcoolo-dépendance », explique l’Agence ce matin dans un communiqué. Pourtant, en avril dernier, le comité scientifique de l’ANSM évaluait le rapport bénéfice/risque du médicament comme « négatif ».

Il faut dire qu’entre temps, une autre entité de l’Agence, nommée Commission mixte ad hoc et chargée de donner un avis « pluridisciplinaire, scientifique et sociétal » se plaçait à l’opposé du comité, se déclarant « favorable à l’utilisation du baclofène chez les patients alcoolo-dépendants ».

Après échec des autres traitements

C’est sans doute pour cette raison que cette autorisation de mise sur le marché est soumise à conditions. A savoir un usage « en complément d’un suivi psychosocial, après échec des autres traitements, chez l’adulte. » Par ailleurs, la posologie maximale devra être de « 80 mg/jour ».

Enfin, un suivi renforcé sera mis en place dès la commercialisation du Baclocur®.

A noter : pour rappel, le baclofène est un myorelaxant employé depuis 1975 dans le traitement des contractures musculaires involontaires d’origine cérébrale ou survenant au cours d’affections neurologiques (sclérose en plaques, maladies de la moelle épinière)

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