Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 décembre, l’Assemblée nationale a voté « la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire ». Que retenir des mesures proposées pour limiter la surconsommation ? Et quelles sont les retombées potentielles sur la santé des Français ?

Après 50 heures de débat, l’Assemblée nationale a voté « la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire ». Voici les mesures à retenir qui devront susciter l’adhésion du Sénat pour être mises en place.

« A partir du 1er janvier 2021, les emballages en plastique pour les fruits et légumes de moins de 1,5kg seront interdits » ;

« A partir du 1er janvier 2023, les emballages à usage unique pour les repas servis sur place (protégeant les pailles et couverts en plastique par exemple), y compris pour la restauration rapide, seront interdits » ;

L’interdiction des plastiques à usage unique est prévue pour 2040, le temps que toutes les filières s’adaptent et que les mentalités évoluent vers d’autres modes de consommation ;

La valorisation du bonus-malus environnemental.Il s’agit de récompenser les fabricants s’ils utilisent des matériaux recyclés, limitent les emballages ou font en sorte que les appareils soient réparables ;

« De nouvelles filières pollueur-payeur » mises en placedans l’industrie du jouet, du cosmétique (lingettes), du jardinage, du sport, du bâtiment (secteur le plus polluant de France avec 227 millions de tonnes de déchets par an) et du tabac. Le principe : les fabricants doivent s’engager à assurer la fin des produits (recyclage, réemploi) ;

La destruction des invendus non-alimentaires (cosmétique, hygiène, textile…) sera interdit.D’ici à 2022, tous ces produits devront être recyclés ou faire l’objet de don (associatif par exemple). Chaque année, 10 000 à 20 000 tonnes de textiles sont détruits en France. Cette décision permet de moins contribuer à la production de nouveaux vêtements, industrie ultra polluante pour la planète. Et loin d’être anodine sur la santé humaine les transports pour acheminer les cartons de vêtements dans nos magasins sont des usines à gaz, la qualité de l’air et notre fragilité face aux maladies respiratoires s’en ressentent.

La mise en vente de médicaments à l’unitéest aussi inscrite dans cette loi, lorsque la galénique de ces derniers le permet. L’idée étant d’acheter les seuls comprimés nécessaires à la guérison sans se retrouver avec des dizaines de boîtes entamées à la maison qui finiront dans la poubelle ;

La mesure de la consigne, cheval de bataille de Brune Poirson, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, depuis 2 ans, reste en stand-by. Cette mesure incite à rapporter ses bouteilles en plastique contre une consigne, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays européens comme l’Allemagne et la Croatie. Ce frein s’explique entre autres par le poids du lobby du recyclage qui verrait une manne financière disparaître comme l’évoquait Brune Poirson sur le plateau de l’émission C politique (France 5, dimanche 15 décembre).

L’écologie et la santé mentale…

Consommer peu, consommer mieux, acheter local, favoriser le recyclage ou le réemploi des matières… tous ces gestes du quotidien influence positivement la santé mentale.

Ce n’est donc pas un hasard si le concept d’éco-anxiété fait sa percée dans l’opinion publique : cette tendance à souffrir sur le plan psychologique du gaspillage, mais aussi du dérèglement climatique ou de la disparition des espèces animales par exemple.

Autre tendance qui fait de plus en plus d’adeptes : l’écopsychologie. Cette approche fait le lien entre les souffrances de l’âme et les ressources de la terre. Un exemple, le bien-être procuré par une balade en pleine forêt ou dans la montagne : l’impact de la nature sur le moral, de l’évasion dans les espaces loin de la ville sur la diminution du stress.

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