La prise en charge du psoriasis se compose d’un large éventail thérapeutique, déployé en fonction du stade de la pathologie. En plus d’agir sur le système immunitaire, certains médicaments prescrits contre cette maladie inflammatoire dermatologique protègeraient les artères des patients….

Maladie chronique inflammatoire de la peau, le psoriasis ne se soigne jamais totalement. Mais des applications locales (crèmes, lotions…) à base de dermocorticoïdes ou d’équivalents de la vitamine D3 permettent d’atténuer les symptômes. Les indications sont adaptées en fonction des phases de poussées aiguës et de la prescription dite d’entretien au long cours.

Comprimés, injections : dans les formes les plus graves, les administrations orales ou injectables peuvent être choisies. Certains de ces médicaments comme la ciclosporine (oral) ciblent précisément l’activité immunitaire pour réduire l’inflammation. Idem concernant les biothérapies prescrites en seconde intention en cas d’échec des autres thérapeutiques. « Avec ces traitements, plus de deux tiers des patients obtiennent la rémission de plus de 75% de leurs symptômes », renseignent les spécialistes du site Ameli.fr.

La nouveauté ! Selon des scientifiques américains*, les molécules de biothérapie agissant sur le système immunitaire seraient capables « de réduire la formation de la plaque d’athérome sur la paroi des artères. Elles ralentiraient aussi le débit sanguin ». Autant de facteurs associés aux infarctus du myocarde et aux accidents vasculaires cérébraux. Pour le prouver, ces derniers ont suivi une cohorte de 290 patients atteints d’un psoriasis pendant un an. Parmi eux, 121 souffraient d’une forme modérée à sévère et bénéficiaient d’une biothérapie. Comparés au groupe contrôle, ces 121 malades avaient 8% de risque en moins de souffrir de formation de plaque d’athérome dans les artères coronaires. Et dans l’année qui suivait, la nécrose de ces plaques reculait. Or cette destruction des tissus se trouve justement impliquée dans la survenue d’un infarctus du myocarde.

6 facteurs de risque. « Jusqu’ici on pensait qu’il existait 5 facteurs de risque associés à l’infarctus du myocarde : le diabète, l’hypertension, l’excès de cholestérol, les antécédents cardiovasculaires et le tabagisme », note le Pr Nehal N. Mehta, principal auteur de l’étude. « Mais nous en avons désormais un 6e : l’inflammation. » Il s’agit sûrement d’une « explication au fait que les patients souffrant de maladies inflammatoires comme l’arthrite rhumatoïde et le psoriasis ont un risque cardiovasculaire plus élevé ».

*National Heart, Lung and Blood Institute (NHLBI), Maryland, Etats-Unis

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