Accueil » Médecine » Neurologie » TDAH : un lien avec des comportements sexuels à risque ?
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Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est défini par des symptômes d’inattention, associés ou non à des symptômes d’hyperactivité motrice et d’impulsivité. Ce trouble du neurodéveloppement apparaît durant l’enfance et nécessite une prise en charge adaptée. Selon l’Inserm, les personnes atteintes d’un TDAH sont plus susceptibles que la population générale d’adopter des comportements à risque, pouvant entrainer des conséquences sur leur santé et leur parcours de vie.
Toujours selon l’institut de recherche, plusieurs études ont montré un lien entre le TDAH et des comportements sexuels à risque. Ces pratiques augmentent la probabilité de conséquences négatives sur la santé physique ou psychologique d’une personne et exposent davantage aux infections sexuellement transmissibles (IST), aux grossesses non désirées et à d’éventuelles répercussions psychosociales.
Une équipe de recherches de l’Inserm et de l’université de Bordeaux (Gironde) ont mesuré pour la première fois cette association TDAH et pratiques sexuelles à risque au sein de la population étudiante, s’appuyant sur les données de la cohorte Internet-based students health research enterprise (i-Share), l’une des plus grandes études épidémiologiques menées auprès d’étudiants français. Les résultats ont été publiés dans la revue BMJ Mental Health.
Les quelque 13 000 étudiants participants ont rempli des questionnaires permettant d’évaluer la présence de symptômes du TDAH et de recueillir des informations sur leur comportement sexuel. Au total, 5,3 % des répondants présentaient des symptômes de TDAH ; ils rapportaient plus de comportements sexuels à risque que les autres. Cela concernait :
Les scores élevés de TDAH étaient aussi associés au fait de ne pas utiliser de contraception, d’avoir eu recours à la contraception d’urgence et d’avoir pratiqué une interruption de volontaire de grossesse.
« Ces résultats invitent à mieux prendre en compte les étudiants présentant des symptômes de TDAH dans la prévention en santé sexuelle. Les services de santé universitaires pourraient, par exemple, renforcer le repérage du TDAH et proposer des actions d’information et d’accompagnement adaptées à ces étudiants, explique Cédric Galera, chercheur au Bordeaux Population Health (Inserm/Université de Bordeaux), professeur de pédopsychiatrie et dernier auteur de l’étude. Il encourage aussi à une sensibilisation des professionnels de santé au TDAH non-diagnostiqué chez des jeunes adultes qui consultent pour des IST ou des grossesses non désirées et encourage les spécialistes du TDAH à mieux en prendre en compte les comportements sexuels à risque chez leurs patients et d’adapter leur accompagnement.

Source : Inserm, Ameli.fr

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet
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