VIH: Les séropositifs qui s’ignorent, une «épidémie cachée»

[25 avril 2013 - 16h45] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Les personnes qui ignorent leur séropositivité sont à l’origine de la majorité des cas de transmission du virus du VIH. ©Phovoir

Ne pas savoir que l’on est séropositif au VIH ? Actuellement en France, 30 000 personnes ignorent leur séropositivité au VIH. Une véritable « épidémie cachée », selon l’Agence nationale de Recherche sur le SIDA et les hépatites virales (ANRS) et un chiffre confirmé dans une étude réalisée par une  équipe de INSERM (Paris) et de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris).

« Sur les 150 000 personnes qui vivent actuellement avec le VIH en France, environ 20% ne savent pas qu’elles sont infectées », indique Virginie Supervie de l’unité « Epidémiologie, stratégies thérapeutiques et virologie clinique dans l’infection à VIH » U943 de l’Inserm et Université Pierre et Marie Curie, à Paris. « Les deux tiers sont des hommes. »

Mais la prévalence est nettement supérieure dans certaines populations. C’est le cas des « hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes », pour lesquels elle s’élève à 288 pour 10 000. Parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse, la prévalence est de 62 pour 10 000. Chez les « hétérosexuels nés à l’étranger », le chiffre est de 36 pour 10 000. Quant aux « hétérosexuels français », il chute à 3 pour 10 000.

Sans traitement, une perte de chance

Parmi les séropositifs ignorant leur condition, 59% ont un nombre de lymphocytes CD4 inférieur à 500/mm3. Il s’agit des cellules du système immunitaires constituant la cible principale du VIH. Plus le chiffre est faible et plus la charge virale est élevée. Par conséquent « près de 6 personnes sur 10, victimes de cette épidémie cachée devraient dès à présent recevoir un traitement contre le VIH », estiment les auteurs. Sans antirétroviraux, ces séropositifs risquent de développer le SIDA et de mourir. Par ailleurs, « dans près de 30% des cas, l’infection est récente, datant d’un an au maximum. »

Cette étude met en lumière l’intérêt de favoriser l’accès au dépistage par tous les moyens possibles et de multiplier les occasions de connaître son statut sérologique. « L’avis favorable donné récemment par le ministère de la Santé à la mise à disposition d’autotests de dépistage du VIH s’inscrit dans cette nécessité d’élargir les occasions de dépistage, en complément des dispositifs existants », se réjouit l’ANRS.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : David Picot

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