Chasser la sédentarité : facile à dire, mais…

[03 mai 2019 - 16h32] [mis à jour le 03 mai 2019 à 16h41]

Pas si simple de changer ses habitudes pour adopter une bonne hygiène de vie ! Surtout quand il s’agit de passer moins de temps devant l’écran, de faire plus de sport. En somme de fuir la sédentarité autant que possible. Mais alors, la prévention dans ce domaine modifie-t-elle réellement les comportements ?

Malgré les alertes sur les risques du manque d’activité physique, les Américains restent trop sédentaires. Pour évaluer la persistance de ce fléau, des chercheurs de l’Université de médecine de Washington (Saint Louis) ont analysé les données de santé de 51 000 personnes.

Quatre groupes représentatifs de la population américaine* ont été formés : les enfants de 5 à 11 ans, les adolescents de 12 à 19 ans, les adultes âgés de 20 à 64 ans et les plus de 65 ans. Sur la période 2001-2016, les habitudes de sédentarité (temps passé devant l’ordinateur et la télévision) et le temps global passé assis pendant la journée ont été relevés.

Résultat, « dans la population adolescente, le temps passé assis n’a fait qu’augmenter, de 7 heures par jour en 2007 à 8 heures quotidiennes en 2016 », détaille le Pr Yin Cao, épidémiologiste. « Et de 5,5 heures à 6,5 heures pour les adultes. » Dans le détail, 62% des 5-11 ans passaient 2 heures par jour devant la télévision, 59% chez les 12-19 ans, 65% chez les 20-64 ans, 84% chez les plus de 65 ans. « Nous pensons que l’inactivité imprègne les comportements dès l’enfance », complète le Pr Graham A. Colditz. « Si on peut changer les habitudes chez les plus jeunes, cela pourrait payer pour l’avenir. »

Et en France ?

En France, 40% de la population ne respecte pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)* en termes d’activité physique. Preuve que la sensibilisation sur l’impact de la sédentarité a encore du chemin à faire.

« La population générale n’est pas consciente des enjeux actuels liés à la sédentarité. Nous sommes dans la même situation qu’il y a 40 ans face au tabac lorsque la norme était de fumer », explique le Pr François Carré, cardiologue et médecin du sport à l’hôpital Pontchaillou de Rennes et ambassadeur de la Fédération Française de Cardiologie (FFC), dans les colonnes du Webzine de la Haute autorité de Santé (HAS).

Pour renforcer la prévention, il serait pertinent de « mesurer la capacité physique, comme on dose le cholestérol car c’est le reflet de notre capital santé et le véritable indicateur d’espérance de vie ».

A noter : la sédentarité constitue un important facteur de risque d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires (cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux…) et de certains cancers (endomètre, seins, côlon).

*blancs non-hispaniques, noirs non-hispaniques, hispaniques
**pratiquer chaque semaine « 150 minutes d’activité physique modérée ou 75 minutes soutenues »

Partager cet article