Mal de dos, douleur à l’épaule… : les troubles musculo-squelettiques touchent 1 Français sur 2

29 mars 2024

Ils constituent le premier groupe de maladies professionnelles. Les troubles musculo-squelettiques, et notamment au niveau du dos et du membre supérieur touchent plus de la moitié des adultes selon une enquête dévoilée jeudi par Santé Publique France.

En France, 58 % des femmes et 51 % des hommes, âgés de 18 à 64 ans, souffrent de douleurs au dos ou des membres supérieurs (épaule, bras, avant-bras, main). Chez les actifs du même âge, les chiffres sont très légèrement supérieurs : 60 % chez les femmes et 54 % chez les hommes.

Dans le détail, 47 % des femmes et 40 % des hommes (respectivement 48 % et 42 % parmi les personnes en emploi) présentent un trouble musculo-squelettique (TMS) au dos. Plus faible, la prévalence des TMS au membre supérieur touche 30 % des femmes et 27 % des hommes (31 % et 28 % des actifs).

88 % des maladies professionnelles

Ces chiffres, issus d’une étude diffusée jeudi 28 mars par Santé publique France, montrent l’ampleur du phénomène. Ainsi, les TMS constituent la première cause de morbidité liée au travail et la première cause de maladies professionnelles indemnisées. Ils représentent à eux seuls 88 % des maladies professionnelles reconnues par le régime général.

Les TMS, de la simple gêne à la douleur parfois intense, concernent toutes les affections touchant les articulations, les muscles et les tendons et « résultent d’un déséquilibre entre les capacités physiques du corps et les sollicitations et contraintes auxquelles il est exposé », note Ameli.fr, le site de l’Assurance maladie.

La lombalgie, premier TMS déclaré

Concernant les TMS du dos, que 48 % des femmes et 42 % hommes actifs subissent, la lombalgie est la première maladie déclarée. Arrive ensuite la douleur sciatique. Pour les TMS du membre supérieur (31 % des femmes et 28 % des hommes actifs), ils concernent en premier lieu l’épaule, puis le coude et le canal carpien – le syndrome du canal carpien désignant les troubles liés à la compression du nerf médian au niveau du poignet.

Si de multiples causes entrent en jeu dans la survenue des TMS, l’activité professionnelle joue un rôle majeur dans leur apparition, leur maintien ou leur aggravation, précise Ameli.fr.

Les inégalités en fonction de la catégorie socio-professionnelle

Les secteurs d’activité les plus à risque de survenue de TMS sont l’industrie manufacturière et la construction chez les hommes, la santé et l’action sociale chez les femmes. Les TMS sont plus élevés chez les agriculteurs et les ouvriers pour les deux sexes, chez les artisans commerçants et chefs d’entreprise chez les hommes, les employés chez les femmes. Les TMS sont moins élevés chez les cadres et professions intellectuelles supérieures.

Santé publique France recommande, « en milieu professionnel, des interventions de prévention intégrant les facteurs de risque professionnels et personnels doivent être menées telles que l’adaptation des postes de travail, l’aménagement de l’organisation du travail ou bien encore par la limitation des risques psychosociaux ».

L’agence sanitaire plaide aussi pour limiter, le plus possible, la sédentarité. Sur les heures de travail, levez-vous de votre chaise régulièrement, réalisez quelques pas, quelques étirements. Si vous travaillez debout, essayez de sortir de votre posture régulièrement.

*enquête téléphonique a inclus 18 298 personnes âgées de 18 à 64 ans et 13 093 personnes âgées de 18 à 64 ans exerçant une activité professionnelle, qui ont été interrogées sur la souffrance pour TMS auto-déclarée au cours des douze derniers mois.
  • Source : Santé publique France, Ameli.fr

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Vincent Roche

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