Plan addiction : l’alcool laissée pour compte ?

[09 janvier 2019 - 12h36] [mis à jour le 09 janvier 2019 à 12h37]

Ce 8 janvier, le premier ministre a (discrètement) remis son Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022. Alcool, tabac, cannabis… quoi de neuf pour lutter contre la consommation de substances psychoactives ? Les mesures proposées suffiront-elles à éradiquer les addictions ? Certains carences apparaissent concernant l’alcool

Rendu public ce 8 janvier par le Premier ministre Edouard Philippe, le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 comporte 6 défis majeurs développés en… 130 pages. Autant de mesures proposées pour notamment enrayer la consommation d’alcool, de tabac ou encore de cannabis auprès des Français. En voici quelques exemples :

Améliorer la prévention à tous les âges de la vie : première piste, informer les femmes des risques de la consommation de substances psychoactives pendant la grossesse, renforcer le suivi des enfants exposés à ces produits in utero, accentuer la sensibilisation des jeunes à l’école. Ou encore œuvrer pour éloigner les adolescents du marketing faits autour de l’alcool et du tabac, mieux encadrer la vente d’alcool aux mineurs et sensibiliser les formateurs à la consommation de drogues au travail ;

« Mieux répondre aux conséquences des addictions pour les citoyens et la société » en limitant au maximum la consommation de substances addictives par les personnes « sous mains de justice ». Mais aussi auprès des jeunes conducteurs en les informant de tous « les risques générés au volant par les usages à risque » ;

L’alcool, la grande oubliée

Comme le souligne l’ANPAA*, ce plan « publié en catimini (…) en reste malheureusement au stade des déclarations d’intention sans calendrier de réalisation, ni financement, ni dispositif d’évaluation », malgré la « pertinence des constats et analyses ».

Point majeur, ce plan « n’est pas à la hauteur pour faire face au 2e facteur de mortalité évitable qu’est l’alcool en France », relève l’association. Les dégâts faits par l’alcool sont pourtant établis avec un rappel des 49 000 décès prématurés par an liés à l’alcool.

L’ANPAA retient les pistes du gouvernement de « renforcer les contrôles sur la vente aux mineurs via des opérations de testing, d’augmenter « significativement » la taille du pictogramme ‘femme enceinte’ pour les boissons alcooliques (…) et de rendre les avertissements sanitaires plus percutants ».

Mais l’association regrette qu’aucune nouveauté ne soit publiée pour interdire « la publicité autour des établissements scolaires et réguler [cette promotion] sur internet et les réseaux sociaux auxquels les jeunes sont particulièrement sensibles ». Autre point, aucune information n’apparaît sur « la fiscalité des premix à base de vin, des boissons qui visent particulièrement les jeunes, ainsi que sur les produits alimentaires à référence alcoolique ».

Des idées telles que « l’instauration d’un prix minimum par unité d’alcool, l’obligation d’étiquetage des informations nutritionnelles, le contrôle du contournement de la loi Evin dans les manifestations sportives et festivals de musique » auraient également pu figurer au programme.

Ces mesures en « demi-teinte, encore une fois, montrent l’influence des lobbies auprès de l’exécutif », conclut l’association.

*Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie

Partager cet article